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Espace LAAMASASO - Opinions

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Direction : Nathalie Diata


 

Notre invité :

Ministre Lambert Mende Omalanga

Ministre de la Communication et des Médias, Porte-Parole du Gouvernement.

 

 

 

 

Avec cette interview exclusive, votre site Sankuru-Direct  innove en créant une rubrique spéciale baptisée "Laamasaso - Entre nous".

Certains débats entretenus dans nos forums se passent loin des décideurs patentés ou des personnalités compétentes pour apporter les précisions requises.

Sankuru-Direct va  désormais aller à la source pour recueillir les informations officielles de la part des vrais responsables.

La rédaction de Sankuru-Direct témoigne sa reconnaissance au Ministre Lambert MENDE

pour sa disponibilité à répondre à cet entretien qui s'est déroulé dans un climat à la fois fraternel et patriotique.

Nous espérons que les autres personnalités, qui le succéderont, témoigneront de la même ouverture d'esprit pour le bien du Sankuru et du Congo tout entier.

 

"Onto loonango wale dikondo ko wadimbiya dia kinda"

 

 

 

Sankuru-Direct : Monsieur le Ministre, quel est  l’état d’avancement de la couverture nationale du signal des médias relevant du service public ?

 

Ministre Lambert Mende : Le désenclavement médiatique de larges zones de notre pays non connectées à l’information particulièrement audiovisuelle est en bonne voie. Une vingtaine de grandes agglomérations jusque là non pourvues sont en train de recevoir en ce moment même les équipements requis pour une réception directe du signal radio et télévision de la chaîne nationale RTNC. D’ici 2011, nous espérons arriver à permettre à tous nos compatriotes vivant dans ou autour de tous les 160 chefs-lieux de territoires ruraux actuels d’écouter la radio et de regarder la télévision dans les mêmes conditions de confort que les citadins. Les bien nommés médias du service public doivent en principe être rendus disponibles pour tous nos concitoyens où qu’ils vivent. C’est un droit qui est propre à tout Congolais. Nous y travaillons.

 

Sankuru-Direct : Les nouvelles provinces (comme Sankuru, Kabinda etc...) seront-elles dotées  des stations locales de la RTNC comme on en trouve à Kananga, Lubumbashi, Mbuji-Mayi... ou de simples antennes relais permettant de capter les chaînes nationales et internationales ?

 

L.M : Nous sommes occupés à les doter actuellement d’antennes-relais. Elles sont 15 en tout mais certaines étaient déjà servies. Notez que ce sera déjà une avancée significative dans la satisfaction du droit à l’information qui est le leur. Il vaut mieux à notre avis pouvoir recevoir les informations de l’audiovisuel public que d’être totalement enclavé comme c’est le cas jusqu’à l’heure actuelle. La mise à disposition des studios pour une production locale ne pourra se réaliser que progressivement et au prorata des moyens budgétaires mis à la disposition du Ministère de la Communication et des Médias. Dans l’entretemps, les maigres ressources du Trésor public ne peuvent pas nous permettre de tout réaliser au cours de cet exercice budgétaire.

 

SD : Monsieur le Ministre, d’aucuns s’interrogent sur l’échelle des priorités des projets gouvernementaux au Sankuru. Comprenez-vous  l’inquiétude de ceux qui auraient souhaité d’abord les routes, les hôpitaux et les écoles au Sankuru avant les chaînes de télévision ou de radio ?

 

L.M : Il est important de rappeler qu’il existe une division du travail au sein du Gouvernement comme dans tout corps social. Quelle que soit ma volonté de calmer les inquiétudes des uns et des autres, je ne peux pas me transformer en une sorte de deus ex machina maître de tous les secteurs du Gouvernement et dispensateur de routes, d’hôpitaux et d’écoles encore qu’il n’y a pas que notre Sankuru dans ce vaste Congo. Je ne suis « accountable » que de mon secteur de compétences, à savoir la communication et les médias. Je trouve le raisonnement des nôtres qui s’«inquiètent » quelque peu spécieux. Je ne peux en aucune manière être accusé de minimiser la nécessité de l’enseignement, des routes et de la santé pour le bien-être collectif de nos populations. Bien que n’ayant pas ces secteurs dans mes attributions, j’ai personnellement initié plusieurs projets dans ces différents secteurs, notamment à Lodja, Katako-Kombe et Kole, dans les limites de mes moyens. Parmi ces actions, on peut épingler l’ouverture effective depuis octobre dernier d’un Campus de l’Université de Technologie du Congo qui fonctionne à Lodja. Mais on ne peut pas honnêtement dédaigner un apport comme l’audiovisuel au motif qu’il n’y a pas d’écoles, d’hôpitaux et de routes comme si « on » avait commandé et payé rubis l’ongle en même temps l’audiovisuel en question ensemble avec les écoles, les hôpitaux et les routes, ce qui aurait légitimé un chronométrage obligatoire de la livraison ? Je comprends la frustration des nôtres que j’éprouve également mais la tendance à se chercher des Boucs Emissaires à tout bout de champ est contre-productive et doit être éradiquée si nous voulons nous développer. On pourrait face aux champions du pessimisme poser une question : entre les écoles, les hôpitaux et les routes, qu’est ce qui devrait venir avant ? Allons-nous refuser une école tant qu’il n’y aura pas une bonne route qui y conduit ? Vous voyez bien à quel point ce raisonnement est infantiliste… 

 

SD : Lodja-Mputu demeure, aux yeux de la majorité de Congolais, comme la « ville miroir » du Sankuru. Certains l’appellent « la maison-mère du Sankuru ». Existe-t-il un plan gouvernemental de reconstruction rapide de cette cité qui a un poids historique considérable et qui probablement sera appelée à devenir la capitale de notre future province ?

 

L.M : Dans quelques jours, le Premier Ministre signera un Décret portant érection d’un certain nombre de nouvelles villes et communes dans notre actuelle province du Kasaï Oriental. Lodja qui remplit la condition d’avoir plus de 100.000 habitants sera donc érigé en ville avant même que la mise en œuvre (différée) de la décentralisation au niveau des provinces ne nous conduise à évoquer la question du chef-lieu de la future province qui a donné lieu à une controverse de mauvais aloi. Comme ville, il va falloir que Lodja se construise pour répondre aux nécessités de la qualité de la vie de ses habitants. Mais il en est de même de tous nos anciens chefs-lieux de territoire comme Kole, Katako-Kombe ou d’autres qui, ayant plus de 25.000 habitants seront élevés au rang de commune. Là où vivent un grand nombre de nos compatriotes, nous devons nous mobiliser et les mobiliser pour améliorer le cadre de vie qui est le nôtre.

 

Premier ministre M. MUZITO 

SD : Votre rêve pour le Sankuru  et votre mot de la fin pour les nombreux visiteurs de Sankuru-Direct.

 

L.M : Le Sankuru c’est notre terroir et nous avons le devoir de lui mettre les pieds à l’étrier pour faire accéder notre peuple au développement et au bien-être. Il importe à cet égard de savoir que bien que appartenant à ce grand ensemble national qu’est la République Démocratique du Congo, le Sankuru n’aura de réelles chances de développement que par l’implication de ses fils et de ses filles. C’est pour cela que mon souhait le plus ardent (appelez cela rêve si vous le voulez) c’est de voir un nombre significatif de sankuroises et de sankurois prendre conscience de leurs responsabilités pour donner à leur espace originel des chances de décoller économiquement car sans création de la richesse, il serait vain d’espérer le bien-être social dans cette partie du pays qui est nôtre. Je souhaite qu’au-delà de nos petites querelles, chacun apporte sa contribution. Il faut de tout pour faire un monde, dit le sage. Des contributions individuelles ou institutionnelles des sankurois à la construction du Sankuru, aux travaux d’infrastructures routières seules à même de le rendre viable, à la modernisation de l’agriculture ou de l’élevage, à l’équipement d’une école, d’un hôpital, des autoroutes de l’information, tout cela me paraît incontournable et j’en rêve.

Malheureusement, parmi l’élite de notre future province, il y a trop de chroniqueurs de la misère et trop peu d’artisans du bonheur. Je pense que les centaines de milliers d’hommes et de femmes qui vivent aujourd’hui au Sankuru savent tous décrire les mauvaises conditions qui sont les leurs. Ils n’ont nul besoin de notre « science » pour cela. Ce qui fait défaut, et à quoi les élites sont appelées à remédier, c’est d’une expertise active et volontariste en termes d’initiatives de reconstruction et d’amélioration concrète du vécu quotidien. 

 SD : Monsieur le Ministre, merci.

L.M : Tout le plaisir est pour moi. Mes félicitations pour le travail que vous accomplissez pour le Sankuru et pour l'image du Congo tout entier.

Propos recueillis par Alphonse NDJATE

Directeur du groupe Sankuru-Direct